Gilles Perrin

Niger, 2007

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suiteCérémonies Geerewol, Niger

A propos de la cérémonie Geerewol

Chaque année après la saison des pluies les Wodaabe du Niger, pasteurs nomades du groupe Peul, se réunissent aux portes du désert. Ce rassemblement, le worso, leur permet d’échanger des nouvelles, contracter des alliances, célébrer des mariages, honorer les morts, nommer les enfants nés durant l’année, évoquer les problèmes, aplanir les rivalités.
Les Woodabe fêtent alors le culte de la beauté des hommes pendant des jours et des nuits. Pour les danses Ruumi et Ummalee ils revêtent une tunique brodée, la Yaaké et se maquillent en jaune.

Le Geerewol est une guerre des clans par la danse au cours de laquelle 2 ou 3 jeunes filles -hiérarchisées par leur beauté physique- choisissent le plus beau des danseurs. Torses nus, maquillés alors en rouge, les hommes portent des bracelets de cheville, le Hakayaoré, et dansent sur des rythmes frappés. Formant de longues rangées, ils chantent en levant et abaissant les bras, et roulent leurs yeux de façon complexe. Par extension les blancs appellent ce rassemblement la cérémonie Geerewol.
Nous nous sommes installés avec eux et avons partagé leur vie pendant 12 jours.

Ils se préparent pendant plus d’une heure, se maquillent, enfilent leur jupe de cuir et leur tunique brodée, ajustent turban et bracelets. Ils se maquillent devant un minuscule miroir qu’ils se passent, se tiennent. Très concentrés, ils fredonnent, et s’exercent à des mimiques, à rouler les yeux afin d’être le plus séduisant, l’élu. Une fois prêts ils se rassemblent, la danse commence et plus le temps passe plus ils sont pris par la transe.

Gilles PERRIN travaille avec une chambre 4x5 sur un pied et ses sujets posent. Il utilise un film instantané noir et blanc, positif négatif qui lui permet de donner l’image à la personne photographiée tout en gardant le négatif. Il prend la photo et restitue l’image, organisant ainsi un rituel. Cet échange qui intervient dans le non dit de la prise de vue est matérialisé par la restitution de l’image positive instantanée. Ce rituel qui lie l’interaction humaine à l’acte photographique est primordial pour lui.

Nicole Ewenczyk

photos@gilles-perrin.com
Tél. 01 40 36 52 51